Léontine

Que dire sur ce canon que l’on prénomme « Léontine »?

Qu’il succéda à Octavie (1990-2001; c/o Mr. Octave Deschamps de Florennes) en 2002.

Il fut mis en fabrication par Thierry Hecq avec l’aide de J-F Breton, J-M Danloy, J-M Fondu, J-P Jankowiak et G Navez, et devint le canon patrimonial.

Léontine a été parrainée le 18 mai 2002 Avenue du Bel Horizon 3, à Thuin par Mr Paul Furlan de Biercée.

En savoir un peu plus sur ce joyau?

Le plus simple ne serait-il pas de lire le discours inaugural prononcé Par l’Adjudant Jean-Michel Fondu et parrainé par Mr. Paul Furlan, le Samedi 18 mai 2002 à 18.00 hrs, avenue du Bel Horizon 3, à Thuin?

Honni soit qui mal y pense.

Léontine se repointe…

Les Artilleurs ont un nouveau canon. Un nouveau canon ? Que voilà la bonne idée !

Et il tire ? Non !

Par St Roch, il ne peut pas tirer ? Est-ce dieu possible ?

Il ne peut pas tirer, mais il sait tirer. Nuance, chers amis !

Oui, il tire… Et c’est du tonnerre de dieu le père tout puissant ! Re-mar-qua-ble !

Non ce n’est pas une rumeur, du genre de celles qui nous montent parfois d’en bas, del Vaux…

Non, ô marcheurs, pas de baratineur, de bateleur ou de bignoleur chez nous !

Nous sommes simplement les Artilleurs avec notre canon. Et il tire !

Léontine, c’est son nom ! Du top niveau !

Mais attention, Prudence ! Il faut quand même rester les deux pieds sur terre…

Léontine a bon caractère, mais elle peut avoir le glaive vengeur et le bras séculier.

Un aigle pourrait fondre sur la vieille buse…… ?

Non ce n’est pas une métaphore, c’est une périphrase…

Ah, fais pas « chier », reprend l’autre !

Cà,… c’est une métaphore !

Prudence donc ! Don’t forget it, my dears…

C’est curieux tout de même, chez les bistrots, ce besoin de faire des phrases…

C’est une vieille tradition de l’artillerie que de doter les canons, ces redoutables engins, d’un angélique prénom féminin. On se dédouane comme on peut !

Chez nous, l’ancien, c’était Octavie, une cousine à Bob Deschamps. Enfin presque…

Celui-ci, c’est Léontine. Bon comme le pain, franc comme l’or. Je le jure, foi de lutin, comme dit Jean-Marie.

Car Léontine n’est pas vraiment Léontine… Vous l’avez compris, Léontine c’est Jean-Marie…

Eh quoi ! Ce n’est pas parce qu’il y a de la neige sur le toit qu’il n’y a pas de feu dans la cheminée…

Il ne faudrait quand même pas prendre les Artilleurs pour des canards sauvages… Non plus !

L’idée de fabriquer un canon traînait depuis des mois. Oui, mais comment faire ?

A la Ste Barbe, le corps d’office crée une commission. Hé hé ! Vieille habitude dans nos contrées…

Un problème, vite on crée une commission… Eh hop ! Au frigo le canon !

Dynamité, dispersé, ventilé, enterré le canon…

Eh bien pas du tout !

Ce qui fut dit, fut fait !

Et le pipeur dit au pipé : -« cela se passe à la foire agricole de Libramont…. »

Mais ça, c’est une autre histoire… Revenons à notre commission.

Jean-Pierre, Jean François, Jean-Michel et Thierry , se mettent donc au travail.

Le premier, déjà spécialisé dans les tubes à résonance non-magnétique, déniche le fût. Du N 52 carboné.

Le deuxième, enquête, interroge, cherche mais surtout se demande combien de temps mettra le fût du canon pour se refroidir…

Le troisième tentera de réunir ce qui est épars, le tube, une plaque, un percuteur, la paire de roues, une cheminée, embarquant au passage la maison de transport en tous genres, Cruchot et Cie.

Le quatrième prendra en charge l’essieu et l’affût mais finalement…assemblera le tout.

Léontine commençait donc à prendre forme. Pourtant, il fallut se rendre à l’évidence : la commission comprenait un cinquième commissaire. Ou plutôt, une commissaire. Sa mission : la patience.

L’homme de l’affût avait en effet pris un tel goût à la chose que sans cesse, il tentait d’améliorer le modèle. La question du détonateur ? Ah, mais résolue en un quart d’heure !

Oui, mais le rayon d’action du canon… ? Et le berceau… ? Et le goupillon… ? Et l’écouvillon ?

Et la traction… ?

Alors, il a bossé pendant des heures et des heures, remettant sans cesse sur le métier, passant finalement, plus de temps dans son atelier avec Léontine qu’à la maison avec sa compagne.

You are the chief my dear ! Que Véronique soit ici remerciée de sa patience.

Ménagères, profitez de mon passage, comme dit Jean-Marie ! Léontine est là et bien là ! Elle vit !

Mais Jean-Marie dit aussi qu’une porte doit être ouverte ou fermée.

Eh bien, il est temps de l’ouvrir…

Monsieur le Bourgmestre, Mayeur,

Vous avez « élu »… domicile à Biercée et vous nous faites le plaisir ainsi que l’honneur de parrainer Léontine.

Nous le savons, bien entendu, à la St Roch les tirs de canon sont interdits.

Mais, le Président de la Marche, vous savez bien, celui qui, ô le bourreau, vous fait petite misère en vous racontant que selon la tradition la ville doit vous voir en un bel habit civil plutôt qu’en votre écarlate uniforme de zouave …eh quoi, il ne l’a pas encore déclarée ouverte cette marche St Roch !

Il ne le fera que cette nuit, après la retraite.

Dès lors, profitons-en ! Monsieur le Bourgmestre, je vous invite à tirer la première campe.

Plus tard, lorsque nous serons vieux, à la chandelle, nous nous souviendrons :

La veille de la St Roch 2002, c’est un zouave qui a tiré le premier coup avec Léontine ;

c’était le zouave du Pont de l’Bois ( oui, elle est facile…).

Il était de Biercée, c’était le mayeur…Le parrain. Il a inauguré Léontine…

Je vous en prie, Monsieur le Bourgmestre, en quelque sorte frère d’arme, tirez donc la 1ère campe.

Nous, nous allons porter notre première santé à la vôtre. Cantinière…

( surprise…ça rate…).

Ha !…Cantinière, un autre canon… de pom… pom… pom…. !

Jean-Marie,

Léontine c’est vous ! L’escorte dont vous êtes le fondateur a maintenant dix ans.

Et Léontine, le canon est là !

Plus question maintenant de vous débarasser du problème par un tonitruant « Voyez l’adjudant » !

A vos marques. Et remplissez vos offices…avec Léontine…

Nous, nous lèverons notre deuxième verre à votre santé en nous remémorant que :

– Heureux celui qui loin des soucis de la terre,

– Boit dans un grand verre et tire dans un petit canon,

– Mais Dieu pour punir les méchants,

– Fit les verres trop petits et… les canons trop grands !

Cantinière…Notre 2ème santé à Jean-Marie…

Jean-François,

Nous tous, ici présents, nous vous confions Léontine, le symbole de notre compagnie. A vous, à vos adjoints et à l’ escorte des canonniers qui fêtera demain sa dixième participation, en tant que telle, à la St Roch.

Prenez bien soin de Léontine. Et tant pis si son fût met un certain temps à refroidir !

Jean-François, officier au canon, à votre poste.

Faites-nous une belle décharge…

Cantinière…Notre 3ème santé aux canonniers…

Thierry,

La quatrième campe revient à l’artisan du canon.

Au tambour-major, soudeur, ajusteur, limeur, menuisier, mécanicien, ingénieur…

Tout le monde en est bien conscient, sans Thierry, Léontine n’en serait pas là.

Parti de rien il est arrivé quelque part…

La reconversion du tambour-major est maintenant toute tracée : fabricant de canons de campagne.

Notre compagnie était déjà Fournisseur de la Cour en haches de cuivre sapeurisé…

Si…Si ! Vous pouvez vérifier… Monseigneur Philippe ….

Qui sait, peut-être un jour deviendra-t-elle Fournisseur en canons de Cour..

Tambour-major, à votre batterie, mais cette fois de… canon.

Cantinière…Notre 4ème santé au tambour-major…

Geneviève,

Il est d’usage en notre bonne ville de remercier l’hôtesse qui nous accueille en lui faisant commander un tir.

Il est très rare de voir une femme tirer au canon, à part peut-être Madame Thatcher…

Mais chez les Artilleurs, nous ne sommes pas contre les femmes. Non !

Certains parodiant Guitry, ajouteront d’ailleurs sûrement « nous sommes même tout contre ».

Eh ! Ne sommes-nous pas le seul corps d’office d’Entre Sambre et Meuse où « règne » une femme officier ?

Dès lors que l’officier maîtresse de maison officie et nous tire la cinquième et dernière campe d’exception.

On pourra enfin dire : Madame Geneviève est officier d’artillerie… puisqu’elle tire au canon !

Cantinière…Notre 5ème santé à l’hôtesse…

Voici déjà l’heure…

Mais j’entends déjà Arnaud, notre secrétaire perpétuel, Cruchot l’éternel, s’exclamer :

– « ça y est, l’adjudant a encore avalé sa montre… ».

Comme d’habitude Cruchot ! Gerber l’adjudant – adjudant chef, Cruchot…garde à vous ! … Hum, mes hommages… Madame la Colonelle…Gerber a avalé sa montre. Ah, il n’est de si belle compagnie qui ne se quitte un jour…Et nous devons maintenant fêter la nouvelle masse du sergent-sapeur Léopold. En l’arrosant. La masse…

Ensuite aura lieu le tir des campes de la ville.

L ‘officiel celui-là. Il y en aura neuf, à neuf heures.

Nous c’était à six heures… Il y en aura donc six.

Cette sixième et dernière campe sera celle de tous les artilleurs, à travers le tir d’ensemble des officiers. Symboliquement, ce sera celle de notre cohésion, de notre unité, de notre équipe. Tout un programme !

Cantinière… la dernière santé à toute l’escorte et à Léontine.

Léontine autour de laquelle va maintenant s’articuler toute la compagnie des Artilleurs.

Arnaud, Fabian, Léopold, Jean-Pierre et moi-même…feu…

J’ai dit.

Jean-Marie/Léontine ajouta :-« Belle pièce mon général ! ».